Le 26 février 2026, ECPAT 360 et d’autres associations opérant sur le littoral nord de la France ont été auditionnées par la Commission d’Enquête Parlementaire chargée d’évaluer l’impact des accords du Touquet. Cette instance s’intéresse à l’efficacité de la gestion migratoire et de la lutte contre les réseaux de passeurs, tout en examinant l’équilibre politique et financier de la coopération franco-britannique comme le respect des droits fondamentaux des personnes exilées.
Outre les acteurs associatifs non mandatés, la Commission a mobilisé les associations mandatées (par l’Etat ou les collectivités territoriales) mais aussi un panel d’experts et de décideurs. Elle a notamment auditionné Bernard Cazeneuve (ex-Premier ministre), Natacha Bouchart (maire de Calais), ainsi que Jérôme Buaillon (DGEF), Magali Lafourcade (CNCDH) et le juriste Serge Slama. Cette pluralité de témoignages confronte les décisions politiques aux réalités de terrain et aux impératifs de protection des droits humains.
Lors de son intervention, ECPAT 360 a rappelé son expertise internationale dans la lutte contre l’exploitation sexuelle, dans l’Océan Indien, en Afrique de l’Ouest, en Europe et en France. L’association dispose ainsi d’une vision globale des trajectoires de ces enfants dans son contexte d’intervention prioritaire des routes de la mobilité et de la migration qui expose en permanence les enfants aux phénomènes d’exploitation.
ECPAT 360 a alerté les députés sur l’extrême vulnérabilité des Mineurs Non Accompagnés (MNA) en transit dans les zones transfrontalières, en particulier sur le littoral nord de la France. Ils y sont soumis à des conditions de vie très précaires et à des risques multiples de violences physiques, sexuelles et psychologiques. Ils sont également exposés aux risques liés au franchissement de la frontière comme aux risques de subir l’instrumentalisation d’organisations criminelles. Ce phénomène est souvent accentué par les modalités de gestion sécuritaire des frontières qui, en complexifiant les passages, peuvent accroître la dépendance aux passeurs et exposer davantage à l’exploitation sexuelle et à la contrainte à commettre des délits.
ECPAT 360 recommande donc de considérer ces mineurs avant tout comme étant en danger mais aussi comme des victimes, même lorsqu’ils sont auteurs d’infractions sous la contrainte. Elle préconise l’ouverture de voies de passage sûres vers le Royaume-Uni, le développement des moyens et des modalités d’intervention visant tant à renforcer les capacités d’autoprotection des MNA que celles des professionnels pour assurer une meilleure protection. L’association en appelle également à une adéquation parfaite du nombre de places d’hébergement avec les besoins immédiats de mise à l’abri.
Pour finir, ECPAT 360 a insisté sur l’impérative nécessité de déconnecter l’aide humanitaire et la protection de l’enfance des enjeux de contrôle migratoire. L’association plaide pour une intervention spécialisée et pérenne sur le littoral, afin que le droit commun de la protection de l’enfance s’applique réellement et qu’il s’emploie à répondre pleinement aux besoins spécifiques et particuliers des MNA, indépendamment du statut migratoire.
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